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Le blog de dynamiquedephilosophie.over-blog.com

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participation à l’intégration effective de la philosophie dans la société. point de rencontre des chercheurs du monde.

Politique imbécile: Hubert Mono Ndzana répond à Mbembe

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      En réaction à une interview de Achille Mbembe publiée vendredi dernier, nous estimons que parler d’"opposition imbécile" est l’expression d’une insulte hyperbolique. Et voici ce que nous en pensons... C’est au cours d’une de ses consultations téléphoniques par Rfi, le 12 octobre 2011, qu’une intelligence internationale s’est laissée emporter par la verve qu’on lui reconnaît volontiers, jusqu’à taxer d’imbécillité toute l’opposition politique camerounaise, et cela après avoir informé que c’est une clique de vieillards qui gouvernent le pays, le chef de l’Etat n’étant jamais à Yaoundé. S’il n’y a Rien au pouvoir, et s’il n’y a Rien en face, c’est qu’il n’y a Rien au Cameroun. Cqfd.

Ma fibre patriotique m’amène naturellement à réagir énergiquement contre ce nihilisme irresponsable dans lequel les vedettes de l’intelligence, à travers la griserie d’un micro, cherchent à réduire toute la classe politique camerounaise.

Je proteste au nom de mon collègue Nyamdih, professeur d’université comme Achille Mbembe, qui a pris part à cette élection contre le président Biya, qui n’est pas imbécile. Pour les mêmes raisons, je proteste au nom de tous les autres candidats qui sont des citoyens respectables et valables comme les Joachim Tabi Owono, ingénieur agronome qui a exposé un beau projet pour le monde rural ; comme Jean-Jacques Ekindi, issu de l’école polytechnique française, militant du fédéralisme ; comme Bernard Muna, avocat international dont la verve et les livres publiés font autorité ; comme Adamou Ndam Njoya, créateur de la Nouvelle Ethique ; comme Garga Haman Adji, champion sérieux de la lutte anti-corruption et chasseur de « baleines » ; comme tous les autres braves animateurs de la scène politique nationale, tels Kah Walla, Esther Dang, Anicet Ekanè, Albert Ndjongang et d’autres jeunes loups, qui tous, ont pondu des ouvrages programmatiques.

Le niveau de cette élection présidentielle était élevé. Le déploiement de tant d’intelligence doit inspirer respect et compréhension devant la volonté diversement exprimée de renverser le pouvoir en place au profit d’une équipe nouvelle. Cette volonté diverse, plurielle et déterminée, reflète le climat totalement démocratique dont jouit le peuple camerounais. D’où viennent donc la déception et le mécontentement de ceux qui insultent à la fois le pouvoir et l’opposition ?

Le dépit de la communauté internationale

Certains médias occidentaux dont les prestations antérieures ont montré qu’ils étaient les hérauts de cette «communauté internationale» nous rappellent la chanson de Patience Dabany : On vous connaît !

Les manoeuvres préélectorales des médias en question et de ladite communauté internationale ne faisaient pas mystère de leur détermination à mettre fin au règne de Paul Biya, et le chiffre seul de 29 ans était agité à la face du monde comme un épouvantail et comme un crime contre l’humanité. Bien des Camerounais avaient focalisé leurs espoirs sur cette manipulation internationale, au point de fantasmer déjà le syndrome ivoirien pour leur propre pays, ou quelque Cnt à la Libyenne en rêvant, en toute délectation, à quelques bombardements de l’Otan avec des chars étrangers qui viendrait écraser l’armée camerounaise aux fins de « libérer » de la dictature le peuple opprimé.

Naïves et grossières rêveries, de la part de politiciens et politologues sans analyse et sans talent. D’abord, le pouvoir de Yaoundé avait eu le temps d’étudier, minutieusement, le détail des événements du «printemps arabe», des péripéties et conséquences de l’élection présidentielle ivoirienne, en même temps qu’il suivait l’évolution de l’acharnement international anti-Khadafi. Il était naturel que des dispositions stratégiques fussent prises pour parer à certains déterminismes, pour éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets. Ensuite, effet boomerang, les visées néo-coloniales et autres menaces et chantages de la communauté internationale ont resserré le peuple camerounais autour du pouvoir camerounais. La peur du syndrome ivoirien tout récent a tout simplement ravivé le nationalisme avec, pour objectif primordial, la protection du président camerounais garant de la paix d’un peuple qui ne veut plus souffrir.

«L’homme est un apprenti, la douleur est son maître, et nul ne se connaît tant qu’il n’a point souffert», nous rappelle Musset. Le peuple camerounais se connaît, pour avoir déjà souffert des tueries fratricides dont les plaies ne se sont pas encore totalement cicatrisées. Les vendeurs d’illusion ne peuvent plus encore l’intéresser. Exemple de manipulation : si le chef de l’Etat, obligé de se battre sur tous les terrains et dans le monde entier pour sécuriser et stabiliser les atouts économiques de son pays, est souvent absent de sa capitale, au lieu de voir en cela une preuve de la stabilité des institutions, on interprête plutôt ces absences répétées comme un signe de dictature et de despotisme. Il s’agit d’une logique tout simplement paradoxale.

Mauvais perdants, mauvais parieurs

Toutes les données qui précèdent devraient permettre de préluder à une élection claire et transparente en dépit des petites failles inhérentes à toute élection. C’est effectivement ce qui s’est passé. Pour éviter des critiques trop faciles, et répondre aussi aux pressions et exigences internationales, le pouvoir en place a créé un organisme électoral indépendant, aussi indépendant qu’onéreux. Je suis bon républicain et j’avais désapprouvé l’arrivée de ce genre d’organismes qui viennent dépouiller l’Etat de ses prérogatives régaliennes. Un acte infantilisant et dégradant qui entâche quelque peu la souveraineté des Etats qui gagneraient à trouver d’autres mécanismes de transparence sans avoir à s’émasculer. Fermons cette parenthèse devant l’effectivité, pour dire qu’Elecam a bien désillusionné les prophètes de malheur qui avaient annoncé le pire.

L’essence de toute compétition est qu’elle comporte à la fois une victoire et une défaite. Si tout le monde doit gagner, il ne s’agit plus d’une compétition en tant que telle. Les perdants et les parieurs, qui maîtrisent déjà les tendances avant le verdict des urnes, doivent le comprendre, au lieu de se répandre en vaines insultes. Le pouvoir politique au Cameroun, qui n’est pas fait que de croulants et de vieillards, a donc bien préparé les élections en prenant en compte tous les paramètres qu’il fallait. C’est un pouvoir qui a déjà duré, certes, encore que la durée n’est pas en soi un défaut, mais c’est un pouvoir encore fort et solide, qui a su déjouer les plans machiavéliques de l’Occident, en déplaçant les pions nécessaires comme sur un damier planétaire ; qui a su également maîtriser l’échiquier intérieur grâce à un parti aux ramifications véritablement tentaculaires qui vont jusqu’au moindre recoin du territoire national. Ça, c’est une donnée, un fait sociologique contre lequel nul ne peut rien. L’opposition n’est pas imbécile. Elle n’a pas, tout simplement, le bras long. Ou pas encore.

En conséquence, au lieu de lancer des pics et des flèches à l’opposition, de très, très loin, il vaut peut-être mieux aller sur place, renforcer son potentiel et lui permettre de gagner du terrain. Si cette fusion de l’intellect avec l’action n’est pas possible, que l’opposition académique respecte au moins l’opposition de terrain qui a à rencontrer, dans l’effectivité de son action, de multiples contradictions. Le même respect s’impose aussi vis-à-vis du pouvoir en place, que l’on combat. Si le pouvoir s’avère indéracinable, la stratégie la plus honorable ne consiste pas à verser dans l’injure ou dans la déformation des faits. Il n’y a pas seulement des croulants : du sang neuf vient d’être injecté dans les rouages du pouvoir comme effort de mutation générationnelle. Il faut aussi savoir le dire aux gens.

Sinon, on peut être soupçonné de raideur intellectuelle, ou d’incapacité à percevoir le changement et c’est une pathologie. Dans l’expérimentation clinique, l’image d’un chien projetée sur l’écran se transforme peu à peu en l’image d’un chat. Mais le patient continue à dire que c’est le chien qui est sur l’écran.

Cette pathologie affecte souvent nos intellectuels de la diaspora considérés malheureusement par les fans comme les meilleurs observateurs de la scène nationale. En amour, l’amant débouté peut se mettre à saccager, par dépit, le corps, l’esprit et la réputation du partenaire convoité mais réfractaire. Le même dépit amoureux, au regard de notre pays, sans doute aimé mais toujours en-deçà de nos convoitises, ne doit donc pas nous aveugler au point de noircir à tort et à travers la réalité qui est la sienne. Et si même il y a à redire, ne versons pas dans l’hyperbole, qui est l’expression de la légèreté et de l’irresponsabilité. En pensant tout néantiser, opposition et pouvoir à la fois, le nihiliste pense être la seule valeur qui demeure. Il oublie qu’en ce domaine, il n’y a pas de tiers exclu. On est toujours soit du pouvoir soit de l’opposition, et le risque est, qu’en utilisant certaines épithètes, on peut être un arroseur arrosé

Hubert Mono Ndzana 

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