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Le blog de dynamiquedephilosophie.over-blog.com

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participation à l’intégration effective de la philosophie dans la société. point de rencontre des chercheurs du monde.

Le paradoxe de Totalité et infini d’Emmanuel Levinas

Le paradoxe de Totalité et infini d’Emmanuel Levinas.

    « Pour ce qui est de mes opinions, vous savez que je ne défends aucune d'entre elles de manière absolue ; je propose seulement mes doutes, là où je suis assez infortuné pour ne pas partager la même conviction que le reste de l'humanité ».

 .

    Totalité et infini est un texte qui s’inscrit dans le dessein d’Emmanuel Lévinas, celui du rejet de la métaphysique occidentale dont la contenance est violente. Mais la lecture de ce discours nous a parait beaucoup plus théologique que philosophique, du moins si nous nous limitons au sens onto-téologique de cette ouvrage. Pourquoi cette appréciation ?

       Le dessein Lévinassien dans Totalité et infini est à foison théologique que philosophique, car il veut dans ce texte légitimer la primauté de Dieu sur l’étant. Tout au cours de cet ouvrage Lévinas ne cesse de s’appuyer sur des arguments théologiques pour légitimer ses positions.  De ce fait, pour définir ce que c’est que Vivre, il affirme que c’est « consommer des nourritures terrestres et célestes », comme pour dire que l’homme ne vivra pas que d’eau mais aussi de la parole de Dieu. Aussi niveau de la fécondité, il souligne que mon enfant est étranger à l’autre tout comme à moi, mais il nous envoi lire La Bible plus précisément Isaïe 49 pour comprendre la pertinence de ses propos. Le dessein d’Emmanuel Lévinas est idéologique, son argument d’autorité est théologique, c’est une tentative d’assimilation religieuse, et pourtant cet ouvrage a pour intention de lutter contre la pensée totalisante quitte à se demander, que dirait une pensée aliénante aux autres pensées aliénantes ? 

      « C’est l’anarchie de la totalité » comme il le souligne lui-même. Loin d’éloigner la violence, Lévinas est un générateur sournois de violence, car la lecture de cet ouvrage ne peut que susciter la croissance de chrétiens et par conséquent la diminution des fidèles des autres religions. Et pourtant, les religions ont déjà trop commis de génocides dans l’histoire et jusqu'à nos jours les hécatombes continuent. Il ne se passe pas un seul instant sans que dans les médias on nous annonce le massacre d’un kamikaze. La guerre est là, c’est la guerre interreligieuse, entre chrétiens et musulmans, qui change de forme sans toutefois changer de fond depuis des siècles.

     Le discours lévinassien dans Totalité et infini cache des intentions fictives. Il est plus proche d’un support religieux qu’un ouvrage philosophique, cet illustre projet est sous-tendu par une expansion théologique chrétienne, c’est une démonstration théologique de l’existence et de la présence de Dieu, comme lui-même le souligne en parlant de « l’intention divine de toute vérité ». Totalité et infini est un projet paradoxal qui mériterait d’être re-situé et re-orienté.

Balla Avang F. (Université de Yaoundé I – Cameroun / Spécialiste en philosophie africaine)

 

 

 

Bibliographie.

  • Emmanuel Levinas, Totalité et infini. Essai sur l’extériorité, Deuxième édition, Martinus Nijhoff, La Haye, 1965

 

- Totalité et infini : Bombe à retardement.

- David Hume, Lettre à Millar du 3 septembre 1757

- ibid p. 267

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Franklin NYAMSI 09/03/2011 00:08


Cher monsieur Momo,
J'ai écrit une thèse de doctorat sur Lévinas et publié une demi-dizaine d'articles sur son oeuvre. J'ai donné quatre communications en colloques internationaux sur le même auteur. Je publie bientôt
une introduction à sa Phénoménologie éthique,en France.
Vous êtes donc très loin de pouvoir tenir une discussion sur le contenu de l'oeuvre de Lévinas avec moi. Je vous conseille de mesurer l'ampleur de votre prétention à l'état réel de vos
connaissances superficielles sur Lévinas.
C'est en effet une nouvelle mode universitaire au Cameroun: de parfaits ignorants, abrités derrière des diplômes de fortune, croient qu'écrire sur le web leur donne de fait une carrure de
penseur.
La fiche de lecture de M. Balla Avang sur "Totalité et Infini" est objectivement de mauvaise qualité. Je lui ai rendu le service de le lui dire ici, sans fards. Vous ne montrez même pas en quel
point ma critique pèche. Votre sortie est résolument pitoyable et déshonore, qui plus est, l'esprit de recherche manifesté par les animateurs de ce site.


MOMO PHILEMON, PLEG 08/03/2011 22:24


Cher professeur,
je constate pour le déplorer que vous faites un procès herméneutique de Totalité et infini qui est loin du non-dit de Lévinas. Je ne m'attarderais pas ici à vous livrer une panoplie du non-sens de
vos sophismes; je vous exhorterais tout simplement à une lecture minutieuse et sincère. Très cordialement vôtre.
MOMO PHILEMON,


professeurfranklinnyamsi.over-blog.com 22/12/2010 23:07


Cher Monsieur,
Je suis au regret de vous dire que vous n'avez strictement rien compris à l'oeuvre de Lévinas. Avant de se lancer dans l'interprétation d'un auteur, l'une des pré-réquisitions minimales est de
s'assurer qu'on a saisi le contexte historique, le contexte lexical, le contexte problématique et le contexte herméneutique de son oeuvre. Vous faites dire à Lévinas des choses complètement
absurdes, en procédant à une interprétation littérale de notions conceptuellement denses.

Ce que vous dites de la question religieuse chez Lévinas n'est fondé en rien dans le texte de "Totalité et Infini" qui est précisément un manifeste contre l'irrationalisme de l'impérialisme
égologique et ontothéologique. Critique de Husserl, Lévinas est aussi un critique de Heidegger. Lévinas élabore plus loin dans sa carrière, à partir de "Difficile Liberté"(1961)une philosophie du
judaïsme qui n'a rien à voir avec votre morale des kamikazes. Elle est construite autour de la relation éthique de l'asymétrie interpersonnelle.

La notion d'"an-archie" - c'est le terme exact chez Lévinas - , ensuite, que vous évoquez à la fin de votre récension, ne signifie pas violence ou désordre, au sens politique que vous lui imposez
superficiellement. L'an-archie, c'est précisément la renonciation à la réduction de l'Autre au Même, le traumatisme éthique signifiant ici la conversion de l'égoïsme du pour-soi en responsabilité
pour autrui.
Enfin, lisez au moins un ou deux commentateurs reconnus de Lévinas, avant de vous empresser de publier ce genre de simplismes.

Quelques références, à votre attention:

1) Calin, Rodolphe, "Lévinas et l'exception de soi", Paris, P.U.F., 2005.
2)Franck, Didier, "L'un-pour-l'autre. Lévinas et la signification", Paris, P.U.F., 1942.
3) Nyamsi, Franklin, "La relation pédagogique entre Husserl et Lévinas", Revue de Phénoménologie ALTER, n°17, 2009.
4) Sebbah, François-David, "Lévinas", Paris, Perrin, 2010.
5) Schiffer, Daniel Salvatore, "La philosophie d'Emmanuel Lévinas. Métaphysique, esthétique, éthique.", Paris, P.U.F., 2007.
6)Malka, Salomon, "Lévinas, la vie et la trace". Paris, Albin Michel, 2005.

Bon courage. L'herméneutique philosophique suppose la patience de l'interprétation informée et rigoureuse. Méfiez-vous de trop facilement comprendre Lévinas, comme tous les grands penseurs.