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Le blog de dynamiquedephilosophie.over-blog.com

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participation à l’intégration effective de la philosophie dans la société. point de rencontre des chercheurs du monde.

L’eschatologie messianique de la paix

    L’eschatologie messianique de la paix ne renvoie pas à une religion pure. Car d’après Lévinas, « toutes les personnes sont messie […] Le messianisme, ce n’est donc pas la certitude de la venue d’un homme qui arrête l’histoire. C’est mon pouvoir de supporter la souffrance de tous. C’est l’instant où je reconnais ce pouvoir et ma responsabilité universelle. »[1] C’est l’hospitalité que le moi offre à l’Etranger.


«  Historiquement […] l’eschatologie de la paix messianique viendra superposer à l’ontologie de la guerre. L’eschatologie met en relation avec l’être, par delà la totalité ou l’histoire, et non pas avec l’être par delà le passé et le présent. Non pas avec le vide qui entourerait la totalité et où l’on pourrait, arbitrairement, croire ce que l’on voudrait, et promouvoir ainsi les droits d’une subjectivité libre comme le vent. Elle est relation avec le surplus toujours extérieur à la totalité, comme si la totalité objective se remplissait pas la vraie mesure de l’être, comme si un autre concept – le concept de l’infini – devait cette transcendance par rapport à la totalité, non-englobable dans une totalité et aussi originelle que la totalité »[2].


     Emmanuel LEVINAS utilise l’eschatologie messianique pour remettre en question la philosophie occidentale. Cette critique suscite la réévaluation et exhorte la redéfinition de l’histoire de l’ontologie comme histoire ne tenant pas compte de l’infini et de la transcendance de l’être; comme histoire de l’omission de l’idée de l’infini et du concept d’extériorité, au bénéfice de la liberté totalisante – totalisant tout sur sa trajectoire - cela apparait dans la philosophie de l’histoire de HEGEL. L’eschatologie de la paix messianique amorce une défondation radicale de l’ontologie, car toute seule, elle manifeste une herméneutique d’un au-delà de l’être et de l’histoire dans son intériorité.


« L’eschatologie, en tant que l’au-delà de l’histoire arrache les êtres à la juridiction de l’histoire et de l’avenir – il les suscite dans leur pleine responsabilité et les y appelle. Soumettant au jugement l’histoire dans son ensemble, extérieure aux guerres mêmes qui en marquent la fin, il : restitue à chaque instant sa signification pleine dans cet instant  même : toutes  les causes sont mures pour être entendues. Ce n’est pas le jugement dernier qui importe, mais le jugement de tous les instants dans le temps où l’on juge les vivants.»[3]



[1] - Lévinas, Difficile liberté, Paris, Albin Michel, 1976, p. 129-130.

[2]- ibid, p. X -XI

[3]- ibid., XI 

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